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Dans le cadre du module Culture et Communication, 125 élèves de 3ème année (L3) – revenus de leur séjour d’immersion académique à l’international pendant que leurs 75 camarades issus des classes préparatoires ou d’IUT s’y trouvent – sont invités à écrire une nouvelle sur le thème « La morale de l’histoire ». Cet exercice est au programme depuis l’an passé à l’Efrei et il est fortement plébiscité par les élèves-ingénieurs.

e-ecrivains

L’exercice intitulé « Et si j’étais un écrivain ? » participe pleinement au décentrement pédagogique nécessaire aux élèves-ingénieurs qui, trop souvent, tendent à développer une logique mécanicienne dans l’analyse des phénomènes en général. Le travail d’écriture proposé ici aborde les phénomènes sous un autre angle, sensible et contrasté : solliciter son imagination, trouver ou retrouver le goût et la force des mots, tenter des styles, réfléchir des techniques littéraires et des stratégies narratives, sauver la complexité des phénomènes…

Or, il s’avère que cet exercice fait voler en éclats la disjonction à l’œuvre dans le préjugé tenace qui voudrait que l’on soit scientifique ou littéraire, on peut donc être scientifique et littéraire.

Il est demandé aux élèves de respecter un cahier des charges relativement précis, lequel comprend des contraintes formelles : si le lieu du récit doit être le pays du séjour académique international en L3 – San José (Californie), Malaisie (Kuala Lumpur) ou Angleterre (Stafford) -, le genre de la nouvelle est laissé à l’appréciation de l’étudiant-écrivain : fantastique, policier, réaliste, anticipation, autofiction, etc.

Ces ateliers d’écriture sont encadrés par les enseignants du département Culture et Communication.

 

Roland Barthes, dans Sade, Fourier, Loyola, indiquait « J’écoute l’emportement du message,
non le message
»,
et de conclure : « Cet excès a nom : écriture ».

« E comme écrivains » : concours de la meilleure nouvelle, procédure de sélection

Les enseignants sont invités à présélectionner 3 nouvelles dans chaque groupe de 20 étudiants L3, les nouvelles retenues sont ensuite lues et relues attentivement afin de sélectionner 3 nouvelles sur l’ensemble des productions.
Les meilleures nouvelles font l’objet d’une promotion sur le site web de l’Efrei et seront éditées dans ReName, journal étudiant de l’Efrei, dès la rentrée 2013.

 

Anna Gavalda, membre du jury 2013

Cette année, Jean Soma, chef du département Culture et Communication de l’Efrei, a sollicité la nouvelliste et romancière française Anna Gavalda pour sélectionner les meilleures nouvelles de l’édition 2013 du concours « Et si j’étais un écrivain? ». Après une longue après-midi de lecture attentive, trois nouvelles se sont détachées de façon unanime et décisive, voici donc les heureux élus :

  • Susan Harlot, pour Seule dans la nuit*
  • Romain Borri, pour Moi, hooligan
  • Mathieu Colin, pour Une vie précieuse

*La nouvelle de Susan Harlot n’est pas publiée sur notre site pour des raisons inhérentes au choix du thème (le phénomène de la prostitution chez les étudiantes) : certains propos pourraient effectivement choquer un jeune public.

 

Le mot d’Anna Gavalda

« Entendons-nous, les trois nouvelles que nous avons sélectionnées sont loin d’être parfaites (et cela me rassure, les élèves de l’Efrei ont déjà tant d’atouts dans leur musette qu’il est fort délicat de leur part de laisser quelques miettes de talent à d’autres !), oui, loin d’être parfaites disais-je et pourtant ce sont – et de loin aussi – les mieux écrites de toutes celles que j’aie lues. Les plus mûres, les plus profondes et les plus généreuses (car leurs auteurs, et c’est fort rare, y compris chez mes « confrères patentés », n’ont pas oublié que leur texte s’adressait à un autre être humain plutôt qu’à leur bon plaisir ou leur petit nombril.

On pourra être surpris par la violence des thèmes abordés ici (prostitution, hooliganisme, meurtre), mais petit a, nous ne sommes pas censeurs et n’avons « soupesé » que les qualités littéraires de ce qui nous était offert et, petit b, ne nous cachons pas derrière notre petit doigt (car cette violence affleure dans tous les textes que nous avons eus entre les mains) : l’heure n’est plus aux gais troubadours et au doux gling gling de l’amour courtois et l’on sent bien qu’avoir 20 ans aujourd’hui, ce n’est pas si facile que ça, à vivre, à écrire et à coder, y compris pour les futurs grands ingénieux d’une grande école d’ingénieurs…

En tout cas, bravo à tous. C’est difficile d’écrire, très difficile, et ce fut un plaisir de vous lire. »

26 juin 2013

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