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A l’occasion de ses 70 ans, l’Ecole d’Ingénieur a rendu un grand hommage à André Truong (promotion 1959), mondialement connu pour être le père de la micro-informatique.

Affectueusement surnommé « le petit bonhomme » par Michel Chevalet, André Truong est à l’origine d’une grande « révolution » informatique : le Micral, premier micro-ordinateur au monde. La manifestation s’est déroulée en plusieurs étapes : l’hommage rendu par Eric Truong à son père – étape où l’école a dévoilé une plaque commémorative, baptisant ainsi le hall d’un grand immeuble récent « Hall André Truong » -, la conférence de Philippe Breton et une table ronde animée par Luc Fayard, directeur de la rédaction de 01 Informatique, qui a réuni des cadres et patrons d’entreprises éminents.

Le fils d’André Truong, Eric, ému, a évoqué les liens forts qui l’unissaient à son père et insisté sur l’attachement sans faille que celui-ci cultivait à l’égard de son Ecole d’Ingénieur. Persuadé que « c’est le plus bel hommage que l’on pouvait lui faire, ici, dans son école, parce qu’il l’évoquait en permanence », Eric Truong a remercié chaleureusement l’Efrei qui, au-delà de la médaille d’or de l’Education nationale et de la légion d’honneur dont son père avait déjà été honoré, a su rendre un hommage digne de ce nom : en réhabilitant l’apport majeur que constitue le Micral N, inventé et produit par l’entreprise française de son père, à savoir R2e, la « révolution » Truong intègre l’histoire mondiale de l’informatique.

 

De fait, au début des années 70, l’invention d’André Truong et de son équipe, pourtant géniale, a bénéficié d’une réception bien timide. Philippe Breton, chercheur au CNRS et l’auteur du célèbre Une histoire de l’informatique, a démontré que seules les résistances sociales et non, comme on pourrait le croire naïvement, les prouesses techniques, ont ajourné la création du premier micro-ordinateur au monde. L’approche anthropologique de sa thèse, soutenue par une perspective historique et critique allant de la deuxième guerre mondiale à nos jours, a totalement conquis l’amphithéâtre : la société, entièrement tournée vers les grosses machines, les hyper-calculateurs, n’était pas prête à accueillir et accepter cet ordinateur en somme déjà « personnel », trop en avance sur son temps…

Vint ensuite l’hommage conjoint de Michel Chevalet, célèbre journaliste du petit écran, l’ami de toujours, et celui de Bernard Vergnes, Chairman emeritus Microsoft. Le premier, pour avoir soutenu indéfectiblement André (premier reportage sur la première chaîne de télévision de l’époque), et ce même durant sa longue et terrible agonie, a rappelé tout le mérite d’un homme dont l’intelligence, la vivacité et l’allure forçaient le respect de tous les gens qui l’avaient côtoyé. Quant à Bernard Vergnes, ancien patron de Microsoft Europe, il a évolué dans l’univers d’André Truong et le rencontrait à chaque fois avec le même enthousiasme et le plus grand respect. A la fin de son hommage, il a annoncé que Bill Gates avait tenu, lui aussi, à rendre hommage à André Truong.

La dernière étape de l’hommage allait propulser le public dans l’avenir des TIC. A la table des intervenants, des personnalités incontournables du monde informatique : Bernadette Andrietti (Présidente, Intel France) ; Jean-François Abramatic (Vice-président Senior, Produits & Marketing ILOG), à l’origine du « www » et considéré à juste titre comme « Monsieur Internet » en France depuis son ancrage au MIT ; Eric Boustouller (Président, Microsoft France) et Bernard Godbout (Membre du comité exécutif Sopra Group, Directeur Général, Régions & Solutions, ingénieur Efrei). Il serait trop long, ici, de reprendre les mots des uns et des autres mais les propos d’Eric Boustouller résument la vision générale : les technologies de l’information et l’Internet sont au moins aussi importants que la révolution inaugurée par l’imprimerie et Gutenberg au Moyen-âge. Finalement, si personne ne s’est hasardé à produire des pronostics – tant l’évolution des technologies est parfois stupéfiante -, de l’avis général, nous n’en sommes qu’à l’aube des potentiels extraordinaires que recèleraient les technologies de l’information.

 Octobre 2006

22 octobre 2009

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