Sarah Iman-Labrogere

Promo Esigetel 1995
Directrice avant-vente
Nokia

Son parcours professionnel

En 1995, Sarah Iman-Labrogere débute sa carrière chez Nortel Matra Cellular en tant qu’ingénieure logiciels puis chef de projet logiciels.
En 2002, elle obtient la responsabilité d’une équipe de R&D logiciels chez Nortel : elle y  gèrera jusqu’à 60 personnes réparties sur 4 pays dont l’Inde et la Chine.[…]
En 2015, elle se dirige vers la gestion du business development et avant-vente chez Nokia en Europe, avec un portefeuille de 200 millions d’Euros.
En 2017, Sarah Iman-Labrogere reçoit le prix de la femme-ingénieure décernée par la CDEFI.

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Interview exclusive

Etre une femme et manager une équipe, un avantage ou un inconvénient ?

« Je ne sais pas si c’est un avantage ou un inconvénient. J’ai eu des gens difficiles à gérer mais je n’ai pas eu de refus parce que j’étais une femme. En tout cas, je n’ai jamais ressenti ça. Peut-être que c’est dû à la façon dont j’aborde les choses. Quand vous êtes responsable d’une équipe, ça ne veut pas dire que vous êtes la meilleure en tout et partout. Je mets plutôt en avant certaines compétences, celles de pouvoir gérer un budget, gérer des gens, les développer, mettre les personnes au bon endroit. Il faut bien séparer ces 2 aspects. Quelques fois les difficultés viennent de là.

A un moment donné dans ces postes-là, il faut dire « non ». Qu’importe que vous soyez souriante ou non, vous avez des responsabilités, il faut le faire. J’ai connu des périodes difficiles : des plans sociaux, des augmentations pour certains mais pas pour d’autres. »

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Un credo ?

« Oui, il pourrait se résumer en 3 mots : authenticité, collaboration, communication.

Authenticité car il faut éviter de jouer un rôle. Ça se voit et ça ne fonctionne pas. Il faut rester soi-même.

En tant que manager, c’est important de mettre en avant les forces de l’ensemble des personnes de l’équipe. Pour ma part, je suis quelqu’un qui pousse au partage, à la collaboration d’équipe. Ne pas mettre en concurrence les uns avec les autres.
C’est important d’être clair et de bien le communiquer aux équipes, aux collaborateurs. »

Etre une femme et manager une équipe, un avantage ou un inconvénient ?

« Je ne sais pas si c’est un avantage ou un inconvénient. J’ai eu des gens difficiles à gérer mais je n’ai pas eu de refus parce que j’étais une femme. En tout cas, je n’ai jamais ressenti ça. Peut-être que c’est dû à la façon dont j’aborde les choses. Quand vous êtes responsable d’une équipe, ça ne veut pas dire que vous êtes la meilleure en tout et partout. Je mets plutôt en avant certaines compétences, celles de pouvoir gérer un budget, gérer des gens, les développer, mettre les personnes au bon endroit. Il faut bien séparer ces 2 aspects. Quelques fois les difficultés viennent de là.

A un moment donné dans ces postes-là, il faut dire « non ». Qu’importe que vous soyez souriante ou non, vous avez des responsabilités, il faut le faire. J’ai connu des périodes difficiles : des plans sociaux, des augmentations pour certains mais pas pour d’autres. »

Des modèles inspirants ?

« Je viens d’une famille iranienne et ma grand-mère a eu un rôle important. On imagine qu’une famille iranienne est forcément organisée sur le modèle du patriarcat, mais ce n’était pas le cas. Très tôt, j’ai su qu’il fallait regarder au-delà des clichés. Les choses ne ressemblent pas forcément aux stéréotypes que les gens se sont créés. Dans ma famille, c’est mon père qui savait coudre !

Ensuite au début de ma carrière professionnelle, il y a eu cette femme, ma responsable, qui m’a poussé à postuler à de nouveaux postes alors que j’étais en congé maternité. Elle m’a dit « Ne t’excuse pas d’être en congé maternité, ça ne te rend pas moins compétente ! » Un conseil judicieux ! Sheryl Sandberg, la N°2 de Facebook, a d’ailleurs dit : « Ne vous levez pas de la table des négociations avant d’y être allée parce que vous vous autocensurez. »

La personne qui m’a inspiré pour des postes à responsabilités, c’est une femme qui était responsable d’un business group. C’était une grande dame, très spontanée, très chaleureuse tout en étant très professionnelle alors qu’en général, dans ces postes-là, les gens sont plus distants, plus froids. J’ai eu l’opportunité de la croiser dans ma carrière en 2007 quand j’ai commencé en tant que responsable produits. C’est elle qui m’a inspiré : On peut continuer à être ce que l’on est. »

Des sacrifices ?

« Mais je n’ai jamais eu l’impression de faire des sacrifices. C’est sûr que lorsque j’ai déposé mon fils à la crèche à 1 mois et demi, ça a été difficile. Et quand mes enfants étaient malades, je me sentais forcément un peu tiraillée… Mais je n’ai pas l’impression d’avoir fait des sacrifices. Quand on fait des choix, il faut les assumer.

Il faut être clair avec soi-même. Quelle est ma priorité ? Si je passe moins de temps avec mes enfants, ils savent qu’ils sont ma priorité. Et puis s’il n’y a pas une quantité de temps passé, il y a la qualité de temps passé. Et comme je me déplace souvent, ils ont développé plus vite une certaine autonomie.

Par contre, il faut savoir s’organiser pour tout mener de front. »